Peuples autochtones face au Covid 19

Bulletin d’information sur la situation des peuples autochtones

face à la pandémie COVID 19

Lundi 6 AVRIL 2020

Introduction :

Ce bulletin est dans le but d’informer de la situation des peuples autochtones face à la pandémie COVID 19. Les peuples autochtones sont entrain de subir la vague de l’épidémie et cela pourrait être très grave car pour beaucoup, ils sont déjà dans une situation de santé très précaire. Cela pourrait anéantir des communautés entière.Toutes les tranches d’ages peuvent être affectées. Pour mémoire entre 1987 et 1988 presque un quart de la population Zo’é (142 personnes) périt à cause de maladies apportées par des missionnaires. Il est à noter que ce combat contre cette pandémie arrive en pleine lutte pour des droits de reconnaissance et droits territoriaux. Ce bulletin va vous présenter la situation dans les Amériques, mais les peuples autochtones de la planète sont dans cette situation.

Au Brésil :

Selon les experts de la santé les communautés autochtones du massif amazonien et ailleurs pourraient être anéanties. Mercredi 1 Avril, un premier cas de coronavirus a été recensé. C’est une jeune femme de 20 ans de l’ethnie Kokama se situant à la frontière avec la Colombie. Professionnelle de santé, elle travaillait aux côtés d’un médecin testé positif. Les quinze collaborateurs du médecin et douze patients de l’ethnie Tikuna qu’il a traités récemment ont été testés et placés en observation. Jeudi 2 Avril, une femme indigène a été confirmé comme la première victime indigène du covid 19 . Cette femme Borari de 87 ans est décédée à Alter Do Chao dans l’Etat du Para. En réaction à l’épidémie certaines communautés prévoient de se diviser en petits groupes et se réfugier à l’intérieur de la forêt . C’est le cas des Nukak de la Colombie d’annoncer leur retrait . D’autres vont surveiller, contrôler les entrées par les rivières et par les airs de leur territoire . Elles ont conscience qu’elles n’ont pas les moyens de réduire le risque de contagion (manque de produit hygiénique) et la vie communautaire n’aide pas au confinement. Par exemple il est difficile de ne pas se partager les ustensiles de cuisine. Il faut prendre en compte aussi la diaspora de ces communautés qui ne pouvant plus se nourrir dans les villes chercheront à revenir dans leur communauté et de ce fait y importer le virus.

Mais est ce que le gouvernement Brésilien cherchera à protéger les communautés ? Cela n’est pas sur. La politique du président Brésilien Jair BOLORANO ne va pas dans ce sens. Il souhaite ouvrir les territoires indigènes aux compagnies industrielles pour exploiter les ressources naturelles.

En février dernier, Bolsorano a nommé Ricardo Lopez Dias à la Coordination des Indiens Isolés et Récemment Contactés (CGIIRC), un département de la FUNAI. Ce projet va annuler le projet d’action « sans contact » de cette dernière. Dias fait parti d’une organisation chrétienne évangélique Ethnos 360 (anciennement New Tribes Mission) qui vient d’acheter un hélicoptère pour cette mission afin de contacter et convertir des groupes autochtones isolés dans l’Amazonie occidentale.Mais ce plan de contact dit « d’aviation missionnaire » pourrait violer la Constitution brésilienne de 1988 et les traitées internationaux.

En Guyane Française :

Depuis plus d’une semaine les peuples autochtones de Guyane vivant sur les fleuves Maroni (Wayana) et Oyapock (Wayampi, Teko) ne sont plus approvisionnés décemment suite au confinement et a des prix inacceptables. Devant la recrudescence de l’orpaillage clandestin, la porosité des frontières, les chefs coutumiers ont décidés de monter des barrages fluviaux pour contrôler la circulation et éviter une contagion. La situation risque de devenir grave, des cas positifs sont recensés sur la commune de Maripasoula. porte d’entrée du pays Wayana.

Aux Etats-Unis :

La aussi la situation est inquiétante. Dans la plus part des réserves la population (USA comme Canada) est en mauvaise santé et ne possède pas les meilleurs soins. Elle est souvent sujette à des pathologies aggravantes (obésité, diabète etc.). Mais devant la situation elle s’organise pour aider les anciens et ceux qui sont dans le besoin.

En prenant exemple de la nation Navajo qui est sur la plus grande réserve des USA, le 5 Avril 2020 le président de la nation Navajo, Jonathan NEZ annonçait 321 tests positifs ( augmentation de 51 cas en 1 journée), 13 décès confirmés. L’établissement d’un couvre feu de 20h00 à 5h00 et grosse amende pour les infractions. Pour les consignes de protection contre le virus ils ont a peu prêt les mêmes obligations sanitaires que nous en France.

Il est reconnu que Trump et son gouvernement n’a pas une politique pro amérindienne. Le 27 Mars 2020, en pleine organisation pour lutter contre la pandémie la tribu des Mashpee Wampanoag a été informé par le Bureau des Affaires Indiennes que la reconnaissance de son territoire sera supprimé (320 acres). Les Mashpee Wampanoag occupent la même région depuis plus de 1200 ans et font face à la diminution de leur territoire depuis la colonisation.

Au Canada :

L’industrie pétrolière et gazière continue de travailler sur les chantiers de pipe-line (comme aux USA) ce qui augmente considérablement le risque de propagation virale aux communautés locales autochtones. Les compagnies font le forcing pour avancer les chantiers. Le conseil des chefs héréditaires des Wet’suwe’Ten qui essaye de protéger leur territoire non cédé, s’inquiète devant l’augmentation et la rotation des équipes des travailleurs pouvant apporter le virus.

Vie économique :

Pour beaucoup de communautés autochtones l’artisanat est le moyen pour gagner de l’argent. Le tourisme, les réseaux commerciaux étant arrêtés, beaucoup de communautés, de coopératives associations et artisans vont être en grandes difficultés financières pour se nourrir et se soigner.

Conclusion :

Les peuples autochtones vont avoir plus besoin de nôtre soutien. Alors dans un premier temps informons nous, restons informés et passons l’information. Donc ce bulletin vous pouvez le distribuer dans vos réseaux. Merci.

Sources :

  • Fondation ANAKO

  • ICRA International

-Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques

-SURVIVAL

Bulletin rédigé par Frédéric BLOT

Vérifié et validé par Patrick BERNARD (Fondation ANAKO) et Hervé VALENTIN (ICRA International)